8 milliards de solitudes
Peut-on souffrir de solitude sur une planète surpeuplée ? Tout à fait ! Cette épidémie silencieuse préoccupe d’ailleurs les spécialistes de la santé.
La solitude ne touche pas seulement les personnes âgées. Au Québec, en 2023, elle affectait la moitié des jeunes de 18 à 24 ans. C’est peut-être votre cas ?
« La solitude est un ressenti, une perception subjective de votre condition sociale, définit Léonie Lemire Théberge, psychologue. Vous pouvez ressentir de la solitude même en présence de vos proches. »
À l’inverse, l’isolement se mesure rationnellement. Êtes-vous en contact avec d’autres personnes ? Restez-vous toujours dans votre chambre, sans texto ni appel ? Participez-vous à des activités sociales, culturelles ou sportives ?

Un peu, beaucoup, lourdement…
Ressentez-vous de la solitude ? Tout est une question de perception, car il n’existe pas de moyenne ou de norme à respecter pour en éprouver. Les besoins varient d’une personne à l’autre, un peu comme pour l’alimentation. Après tout, vous n’adopterez pas le régime alimentaire de votre meilleur ami qui fait deux fois votre poids ou qui s’entraîne pour un marathon !
Une ou deux amitiés profondes peuvent très bien vous combler, alors que d’autres nécessiteront un vaste réseau social pour se sentir bien.
Pour s’y retrouver, il existe une question clé : ressentez-vous de la souffrance par rapport à votre vie sociale ?
La solitude agit tel un voyant lumineux sur votre tableau de bord. Elle peut indiquer que vos besoins sociaux ne sont pas comblés. Le voyant s’allume ? Il faut investiguer, comme vous le feriez avec une autre émotion.
Socialiser, mode d’emploi
Les habiletés sociales et l’empathie se développent au fil des expériences.
Les situations sociales vous causent des sueurs froides ?
Voici cinq conseils pour briser l’isolement, un petit pas à la fois :
1. Pratiquer une activité avec un membre de votre famille.
2. Aider un élève de votre classe, ou à l’inverse, oser demander un coup de main.
3. Demander à une camarade de classe qui a été gentille avec vous de dîner en sa compagnie.
4. Inviter au cinéma une connaissance avec qui vous avez eu une discussion agréable.
5. Sourire à une personne inconnue chaque jour, à l’école ou dans un lieu public.
Vous vivrez des réussites et des échecs. C’est normal, même pour les gens habiles socialement ! Mais plus vous affronterez vos craintes, moins la peur sera grande. L’important, c’est d’y aller graduellement, en soulignant vos bons coups et en relativisant vos erreurs.

Douce solitude
La solitude a mauvaise presse, mais quand elle est choisie, elle peut aussi apporter des bienfaits.
« Être bien avec soi-même, c’est important, assure Léonie Lemire Théberge, psychologue. Lire, courir, écouter de la musique, faire des activités que vous aimez sans avoir besoin de l’autre pour vous accompagner… c’est une question d’équilibre. »
Tout le monde bénéficie de temps en solitaire ! Qu’on soit une personne introvertie ou extravertie. Ces moments offrent une pause des exigences de la société. Ils vous permettent de mieux vous connaître et de recharger vos batteries.
Apprivoiser la solitude, c’est possible!
Tentez de percevoir ces moments comme…
… une opportunité de vous reconnecter à votre essence, d’explorer vos intérêts et de vous développer loin de l’influence des autres.
… un moment pour identifier vos besoins et vos désirs.
… une chance de vous adonner à des activités qui se pratiquent en solo, comme lire, jouer d’un instrument de musique, dessiner.
Autres astuces
Aménagez un petit coin juste pour vous. Si votre cocon vous plaît, vous apprécierez y passer du temps de qualité.
Tenez un journal personnel. C’est pratique pour mettre de l’ordre dans vos pensées et analyser les raisons pour lesquelles vous n’aimez pas être en solo.
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